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La météo avec WindyTV

Comme son nom l'indique toujours…
(Ou retour 40 ans en arrière !)

 

Texte : Jean-Louis Coussot
Photos : Cécile et Jean-Louis Coussot

Rembobinons un peu le film et revenons quarante ans en arrière. Sur une pente de Beynes, alors que le vent tenait facilement les 4500 g du Twin Astir racheté à mon mentor de l'époque, les conditions changent rapidement, la dynamique s'essouffle et ne repart pas… Et je n'ai pas sous la main, ni dans ma flotte, le gratteur léger qui permettrait de finir la journée à voler. Avec les chutes disponibles, un planeur nommé Just for Fun naquit dans la semaine qui suivit… Imparfait au début, il eut droit à une chirurgie de la voilure qui se retrouva avec un double dièdre et il se mit à très bien voler… Il avait déjà un nez proéminent et sa dérive était plus que surdimensionnée et il ne passait pas inaperçu… Il n'était pourtant qu'un début, une ébauche…

 

Un planeur éphémère, une barque et du scotch…


En effet, peu après, je fis un séjour d'une semaine en Bretagne, à Erquy, avec mon mentor et un autre modéliste du club de l'Aérospatiale "Châtillon-sous-Bagneux", pour voler, voler et encore voler… Le cap d'Erquy pour des vents de sud ouest étant le spot principal, mais d'autres sites alentour ont aussi permis de voler par d'autres orientations de vent. Dans ma flotte, le Twin Astir, le Dardo, et donc, pour le petit temps (souvent tôt le matin ou en toute fin de journée), le Just for Fun… C'est un matin qu'il me prit de le faire voler sur la digue de la "plage du centre", donc carrément en ville et avec une brise d'ouest… Et les trois ou quatre mètres de dénivelé de la digue suffisaient à tenir facilement en l'air, avec un vent laminaire à souhait… Mais à trop jouer, j'ai commencé à faire des passages au ras du sable et à remonter, sans vraiment avoir observé et d'un coup, le film s'arrêta… Je venais de percuter plein badin… une barque posée là sur le sable ! Et le bois de la barque était bien plus solide que le balsa du Just for Fun dont le fuselage fût broyé… L'histoire pourtant ne s'arrête pas là, car il restait plusieurs jours avant de retrouver mon "studio-atelier-bureau d'étude" de l'époque en région parisienne et j'ai réparé (ou plutôt rafistolé) le Just for Fun avec de la super-glue et beaucoup de scotch, et le tout dans mon C25 aménagé "maison" en camping-car sommaire (très sommaire) ! Il continua ainsi de voler le restant de cette semaine.

 

Just for Fun II, plus durable !

De retour à la maison, j'entrepris au départ de refaire un fuselage, un peu affiné, plus long encore du museau car le look était amusant, et avec une dérive un peu plus raisonnable. Mais finalement, je refis aussi une nouvelle paire d'ailes, avec des winglets en prime, sans la moindre idée de ce que ça pourrait apporter, mais juste parce que c'était dans l'air du temps.
Ce "Just for Fun II" vola très bien, beaucoup, et il fit l'objet d'un plan encarté et de son article dans RCM n° 65 de septembre 1986.

 

Sans doute à Beynes, j'ai 40 ans et 50 kilos de moins, et j'étire

le sandow avant un départ un jour où la pente ne donne pas... 

 

Il était en quelque sorte un ancêtre des planeurs "lancer-main" de la première génération, puisque très souvent, je tentais d'attraper de petits thermiques juste en la lançant, sans sortir le sandow… Je me souviens que je parvenais à lancer, tourner une boucle et refaire un cercle pour revenir poser aux pieds, voire dans la main… C'était 9 ans avant le Slider…

 

L'histoire méconnue

A cette époque, pas de réseaux sociaux, et donc très peu de "retours" sur le succès des plans encartés. Etant encore pigiste pour RCM, je ne voyais même pas si des courriers de lecteurs disaient que tel ou tel modèle avait été construit. Ainsi, à l'époque, je n'ai eu strictement aucun retour concernant le Just for Fun II, et je n'ai pas su qu'il s'en était en fait construit… beaucoup ! C'est avec la publication sur ma page Facebook des travaux sur le Just for Fun III que j'ai enfin su, 40 ans plus tard, qu'il avait eu un beau succès et que des clubs les avaient faits en série pour les jeunes débutants !
Donc, à l'époque, quand j'ai eu bien fait le tour de mon JFF2 (on va abréger Just for Fun par JFF si vous voulez bien…), son fuselage m'a servi à diverses expérimentations, en particulier pour tester une méthode maison de fabrication d'ailes à profil Jedelsky, sans recourir à des planchettes fraisées pour la partie avant… Et deux de ces ailes ont été par la suite dotées de diverses versions d'aérofreins de bord de fuite, permettant un freinage ultra-puissant. Mon idée d'alors était de pouvoir monter au sandow, faire juste un circuit vaguement circulaire, revenir face au vent, sortir les freins et laisser descendre et poser "tout seul", sans casse, grâce à un taux de chute faible malgré l'angle de descente fort… Ceci pour que des débutants puissent être autonomes vite et facilement… Et le concept est arrivé à plutôt bien fonctionner pour ce qui est du modèle… Mais je n'ai pas eu assez d'occasions pour le tester avec de vrais débutants. Toujours est-il que c'est une partie de la vie du JFF2 dont je n'avais jamais parlé. Et je n'ai même pas la moindre photo de ces versions expérimentales. Et maintenant que je sais que le modèle plaisait, je me dis que ça aurait sans doute valu le coup…

 

Déclic

Voilà, ensuite, les années ont passé, les JFF sont passés aux oubliettes… Mais depuis trois à quatre ans, l'âge commençant à augmenter, il m'arrive de regarder en arrière, et le long nez et la dérive atypique des Just for Fun me retournaient dans la tête. Les discussions avec l'ami Pascal Cepeda (Silence Model) ont ramené ce planeur dans les "trucs à refaire"… Pascal, histoire de me pousser un peu m'a expédié un lot de baguettes de pin aux bonnes dimensions pour les longerons… Et enfin, début 2026, j'ai eu le déclic.

Après un hiver à monter des mousses, d'extérieur comme pour le vol indoor, il était temps de refaire "du bois" !


A défaut d'avoir le numéro de RCM et son plan encarté dans mes archives, j'ai trouvé facilement facilement l'article et le plan scanné du JFF2 sur internet.


Sur RC-Paper.com :
Début de l'article : https://rc-paper.com/details_page.php?id=rev_rcmfr-0065&pg=50
Plan : https://rc-paper.com/details_page.php?id=rev_rcmfr-0065&pg=61

 

Sur le site de Claude Lacombe "Vielles toiles et planeurs modernes", article et plan en cliquant ici.
 

Voilà ce que vous pourrez ainsi retrouver (Cliquez sur les vignettes pour agrandir): 

 

 

Version III, technologie XXIe siècle…

Je me suis donc replongé dans mes écrits d'époque, mais tant qu'à refaire un Just for Fun, j'ai préféré reprendre mon bloc quadrillé 5x5 et penser une version un peu modernisée… J'ai aujourd'hui des outils que je n'imaginais pas à l'époque, quand je coupais mes nervures avec le couteau de modélisme artisanal que m'avait fabriqué mon grand-père, avec un morceau de scie à métaux meulé, un bloc de bois et un rivet ! Aujourd'hui, c'est un petit laser qui coupe avec une précision chirurgicale balsa et contreplaqué, l'imprimante 3D sort les accessoires, et le plotter sort les décors en vinyle…
En conservant ce qui faisait le look du JFF2, j'ai donc imaginé un Just for Fun III, destiné à mon usage exclusif, donc avec un temps passé à la conception sur ordinateur réduit au strict nécessaire. 

 

Comme toujours, je commence par un croquis sur un bloc quadrillé 5x5 mm...

Passé le croquis crayonné au 1/10 sur le bloc A4 de rigueur, je me suis contenté de dessiner en "2D" les pièces principales, sans passer par le long processus d'une création complète en 3D. Pas de plan, juste le strict minimum pour pouvoir découper les pièces avec le laser. Et construction faite au fur et à mesure. Quand j'ai assemblé les ailes, les pièces du fuselage n'étaient pas encore dessinées… En fait, le temps de séchage de la colle (car il est intégralement assemblé à la colle blanche) était utilisé pour poursuivre la conception des pièces suivantes. Et puis, de même que le JFF1 avait été construit à partir de chutes, j'ai décidé de réaliser au maximum le JFF3 en utilisant les chutes de planchettes et baguettes issues des précédents modèles coupés avec mon petit laser. J'ai dans les tiroirs nombre de restes venant de la fabrication des MassStick… De nombreuses chutes de contreplaqué ont assez de surface pour sortir couples et petites pièces… Et même pour l'entoilage et le décor, j'ai des chutes de film thermorétractable et de vinyle qui ne demandent qu'à servir. Par contre, les longerons se doivent d'être faits avec les baguettes en pin offertes par Pascal Cepeda ! C'est pour un Just for Fun qu'il me les a envoyées !

 

 

Quand j'ai commencé à découper des pièces et à les assembler, seules les nervures étaient définies... 

Mais ça suffit pour que le laser commence à sortir des éléments en balsa et en contreplaqué.

 

 

Pour cette version III, j'ai voulu que le planeur soit plus robuste que les 1 et 2, et donc, j'allais être un peu plus lourd. J'ai donc augmenté la surface de l'aile, en lui donnant plus de corde, pour garder une charge alaire faible. Ne cherchant pas les performances, j'ai choisi d'épaissir aussi un peu le profil de l'aile, ce qui là aussi donne de la solidité. J'ai conservé le coffrage uniquement à l'extrados entre bord d'attaque et longeron, mais j'ai placé des âmes verticales de part et d'autre des longerons, sur toute l'envergure, ce qui donne un longeron caisson, offrant une bonne raideur en torsion. J'ai regardé ce que j'avais dans mes tiroirs comme profilés de bord de fuite, et ayant du 50 x 8, j'ai conçu mes nervures en fonction. Les JFF 1 et 2 avaient toutes les nervures identiques, et une coupe et un ponçage du profilé de bord de fuite des panneaux extérieurs formaient un léger trapèze. Pour le "3", j'ai gardé le profilé intact et j'ai dessiné des nervures évolutives, la CAO facilitant le travail.
La largeur des bords de fuite permettait d'imaginer des volets… Et le souvenir des ailes Jedelsky avec AF de bord de fuite m'a poussé à ajouter des volets très simples, étroits, mais sur une grande partie des panneaux centraux, pouvant débattre à 90° pour essayer de retrouver ce puissant freinage autorisant les approches sous forte pente…
Le fuselage a été pensé pour un montage par encastrements des planchettes et des couples, ces derniers étant coupés dans du CTP léger de 3 mm. Des baguettes d'angles courent sur toute la longueur du fuselage. La partie avant du fuselage sera doublée à l'intérieur par un fin contreplaqué de 0,6 mm. La dérive traverse toute la hauteur du fuselage et est encastrée dans les planchettes du dessus et du dessous, pour une bonne tenue latérale. Les commandes sont des cordes à piano courant dans des fines gaines en plastique de 2 mm extérieur.
Pour la bulle, même technique qu'à l'époque : bloc de balsa et bouteille d'eau formée par rétractation au décapeur thermique (à l'époque, c'était au-dessus de la gazinière…). Mais J'ajoute un pilote, c'est si facile avec l'imprimante 3D… En plus, j'en ai déjà un d'avance qui traîne dans le tiroir des bustes !

 

Assemblé au fur et à mesure…

Les pièces se dessinent et se découpent au fur et à mesure… Bien sûr, avec un peu d'improvisation, certaines doivent être refaites, mais pas grave, c'est juste pour jouer, passer un moment agréable à me construire "un truc à moi"… Pas question de plan, de kit, de diffusion… Le plan du II est à la disposition sur le net de ceux qui veulent un Just for Fun… Bref, un projet un tantinet égoïste, mais de temps en temps, c'est bon de penser "c'est mon jeu, je fais ce que je veux"… J'aurais bien encore un peu de temps pour faire des modèles "pour les autres" ! Et puis... Allez jusqu'au bout de la lecture, il y a peut-être un espoir à la fin...
Voilà un exemple de ce que je sors de la CAO (Fusion 360, en n'utilisant que les "esquisses", sans aller jusqu'à la 3D).

 

Les pièces ont juste été dessinées en "2D", pour aller au plus rapide.

On voit tout de même que pour concevoir tout le système de tenons-mortaises,

il a fallu projeter les pièces avec les bons angles, sinon, la précision de la découpe laser ne servirait à rien. 

 

Donc, et même si ce n'est pas pour que d'autres JFF3 voient le jour, passons aux diaporamas de la construction… La méthode peut servir pour vous aider dans vos propres constructions personnelles.

 

Les ailes

Quatre panneaux… Des clés de dièdres toutes identiques, avec un angle de 8°, ce qui va donner 4° de dièdre pour les panneaux centraux et 12° sur les panneaux externes. Maintenant qu'il vole, je pense que j'aurais dû mettre un poil plus, car s'il y a ce qu'il faut en maniabilité quand tout va bien, un peu plus dans les grosses turbulences ne serait pas plus mal… Et puis il refuse de passer le tonneau, ce qui n'est pas dans l'ADN des deux axes made in JLC… La structure est ultra-simple, nervures collées sur le longeron inférieur, ajout du longeron supérieur, bords de fuite profilés encochés et collés (pour les panneaux externes, il faudra les raboter et poncer pour rattraper la hauteur dégressive des nervures). Des âmes en balsa, fil vertical, sont collées devant et derrière les longerons, ce qui donne une belle raideur en torsion. Faux bord d'attaque juste collé devant les nervures (technique Silence Model, mais en plus épais, 3 mm, pour que ça ne gondole pas), pour recevoir le coffrage d'extrados, et le bord d'attaque définitif ne sera ajouté qu'à la fin… Les panneaux sont réunis par des clés en contreplaqué, là aussi devant et derrière les longerons.
 

Allez, diaporama de l'assemblage des ailes !

 

Petit rappel pour toute la suite :
Chaque diaporama se rapporte au chapitre qui le précède et chaque photo est légendée.
Les légendes sont une partie intégrante importante pour la compréhension de l'essai.
Pour lire la légende, plusieurs possibilités :

 

  1. Cliquer sur une photo pour l'afficher en grand. La légende est alors lisible en bas de l'image.
  2. Juste "survoler" la photo avec le curseur de la souris sans cliquer dessus, la légende s'affiche alors dans un pop-up.
  3. Survoler la miniature de la photo avec le curseur de la souris sans cliquer dessus, la légende s'affiche alors aussi dans un pop-up.

 

 

La structure de l'aile est maintenant bien avancée !

Les winglets ont été découpés, mais ils sont juste tenus par des épingles pour le moment. 

Les bords d'attaque devront être rabotés et poncés au profil. 

 

Pour les servos des volets-aérofreins, j'ai conçu des supports que j'ai imprimés 3D. Ainsi, il sera facile de monter ou démonter ces servos. 

 

A la toute fin, avant de coffrer l'intrados uniquement dans la partie centrale pour le plan de pose sur le fuselage, j'ai ajouté des demi-nervures de part et d'autre des nervures centrales, pour pouvoir ensuite percer le passage d'un tourillon au bord d'attaque. Car contrairement aux JFF1 et JFF2, je vais fixer l'aile au fuselage par tourillon à l'avant et deux vis nylon M3 au bord de fuite.

 

Pendant les temps de séchage des éléments des ailes, j'ai avancé sur les pièces du fuselage et des empennages... Le laser a bien travaillé !

 

Les empennages

J'ai fait simple… Planchettes de 4 mm, avec juste les extrémités rapportées avec le fil du bois en travers, pour donner de la rigidité. Seule la gouverne de direction est un peu allégée.

 

Les éléments de la dérive et de la gouverne de direction. Les "hauts" avec fibres en travers donneront de la rigidité. 

 

 

Il reste à arrondir le bord d'attaque, légèrement affiner le bord de fuite, et raboter le biseau pour l'articulation. 

 

Le fuselage

C'est une "caisse", et j'ai dessiné de manière à ce que le dessous ne soit constitué que de deux lignes droites. Je peux ainsi monter tout l'avant bien à plat avant de resserrer la partie arrière. Les flancs et le dessous sont tirés de chutes et donc, en pas mal de pièces contrecollées. Des baguettes d'angles en balsa 4x4 renforcent la structure. Les flancs sont renforcés dans le nez avec un fin contreplaqué de 0,6 mm. Les couples sont en contreplaqué de 3 mm léger. Le nez est un grand bloc de balsa de 50 mm de long, ce qui permet de l'arrondir un peu.
Pour la bulle, j’ai fait un bloc de balsa en contrecollant des planches épaisses, raboté et poncé en forme sur le fuselage, avant d'ajouter des débords devant, derrière et dessous. Ensuite, une bouteille d'eau, le décapeur thermique et il reste à découper au cutter… J'ai réalisé vite fait un baquet pour supporter un buste de pilote et hop ! 

 

Ci-dessous, les pièces pour les flancs de fuselage.

J'ai tout découpé dans des chutes de planchettes, ce qui fait 3 pièces par flanc, mais ça économise des planches neuves !

 

Tous les couples, en contreplaqué, ont également été coupés dans des chutes... Voilà un modèle économique !

 

Après une autre nuit de séchage, désépinglage des flancs. On voit celui qui porte déjà des couples et qui va être posé sur le second flanc. 

 

Les deux flancs sont maintenant rassemblés. 

 

Et voilà... La "massue" est presque complète, elle va sécher tranquilement !

 

Une fois le fuselage sec et désépinglé, c'est l'heure de la première mise en croix... 

La forme finale commence à se faire ressentir !

A ce stade, les empennages sont juste posés, le collage ne se fera qu'après entoilage. 


Museau et cabine

Un gros bloc de balsa va être collé à l'avant, puis il est dégrossi à la scie, et enfin, le nez ainsi que tous les angles du fuselage vont subir un ponçage en règle afin de donner un minimum de courbes douches à ce fuselage taillé à la serpe.

Pour la verrière, il faut confectionner un "moule". Plusieurs épaisseurs de balsa contrecollées sont ajustées pour prendre pile la place de l'ouverture de la cabine. S'ensuit une grosse phase de ponçage pour amener cette forme à celle qu'aura la verrière. Ensuite, il faut "rallonger" la forme devant, derrière et dessous pour avoir une marge lors du moulage. Enfin, il reste à thermoformer la verrière en mettant la forme dans une bouteille d'eau en plastique, bien calée avec des chutes de bois dessous, et en chauffant progressivement avec un décapeur thermique. Sur le JFF2, la bulle était verte car tirée d'une bouteille de la boisson qui ressemble à de l'alcool mais qui n'est pas de l'alcool… Ici, elle est incolore, tirée d'une bouteille d'eau minérale.

Après formage, la verrière est découpée au cutter en laissant une bonne marge. Elle sera ensuite ajustée et collée sur un baquet fait rapidement avec quelques chutes de balsa, non sans avoir inséré le buste de pilote… Pour la fixation, un tourillon à l'avant et deux petits verrous pivotants faits avec des micro palonniers de servos font l'affaire. 


Entoilage et installation radio.

Après un nouveau ponçage général, toute la cellule a été entoilée avec du film thermorétractable. Il ne me restait pas assez de blanc pour tout couvrir, alors, l'intrados de l'aile et les extrémités à l'extrados ont été entoilées avec des restes de rouge. Je crois bien que c'était déjà le cas sur le JFF2 d'ailleurs…

Le stab a été collé après contrôle de géométrie de rigueur, et même chose pour la dérive, bien calée dans les fentes du fuselage. L'arête dorsale complète l'ensemble des surfaces arrières. 

Ensuite, après avoir collé la verrière sur son baquet avec pilote et réalisé la fixation, je suis passé à l'installation radio, plutôt rapide vu la simplicité du modèle. Les servos de volets ont pris place dans leurs supports, eux-mêmes vissés sur les platines ad hoc. Des guignols spécifiques ont été calculés pour donner 90° de débattement tout en tirant avec le meilleur bras de levier possible, donc avec un point d'accroche très reculé sur le guignol de volet. Ils sont imprimés 3D, encastrés et collés directement sous le volet en balsa plein. Pour la commande, corde à piano de 1,2 mm et connecteur à vis côté palonnier, pli en Z côté guignol.

J'ai aussi imprimé des guignols pour la direction et la profondeur, plus classiques. Les commandes sont en corde à piano de 0,8 mm coulissant dans les gaines de 1 mm intérieur. Là aussi, pli en Z côté guignol. Les servos GO-9+ sont vissés sur la platine et là encore connecteur à vis sur le palonnier pour régler le neutre des gouvernes.

Le récepteur se loge dans la cabine, et la batterie de réception est un 2S Li-Ion de 680 mAh, avec régulateur Ro-BEC 4A Robbe. La batterie part tout au fond dans le nez, calée par de la mousse.

Il m'a fallu malgré le long museau ajouter 20 grammes de lest pour centrer le planeur.

La programmation ne prend que quelques minutes… Il reste le décor à finir, mais… Il fait beau et il n'y a presque pas de vent ! Je n'ai pas su résister et je suis parti en plaine de Saône faire quelques lancers main et quelques montées avec un mini-sandow, pour vite voir s’il volait comme dans mon souvenir… 

 

Le JFF3 tout juste entoilé... 


Premiers essais

Me voilà donc en fin de journée en plaine de Saône, en compagnie de Cécile et juste son smartphone pour appareil de prise de vues. (Oui, j'avais bien pris ma petite caméra "de casquette"... Mais la casquette support était restée à la maison... Andouille de moi !)

Deux ou trois lancers à la main montrent que le Just for Fun III ne demande qu'à voler. Je teste même vite fait un coup "de freins", et visiblement, ça freine bien !

Sortie du mini-sandow, constitué de 15 mètres de plat de caoutchouc de 1 x 10 mm et autant de fil de nylon. Et directement, le JFF3 grimpe bien droit, facile à gérer. Je monte à 20-30 mètres à tout casser, mais ça permet de tâter la bête. Je ressens que JFF3 est d'une maniabilité "normale", entrant et sortant facilement de virage, mais pas aussi efficace que le Slider 2 axes tout de même… J'aurais pu mettre un peu plus de dièdre.

 

 

Le parallèle entre la photo de 1986 et celle de 2026 est parlante...

Le look des deux planeurs est assez proche, le constructeur-pilote a un peu pris des joues (entre-autres) et les cheveux ont blanchi...

L'émetteur n'a plus sa grande antenne... Mais il y a toujours un sandow de service !

Avec peu de hauteur disponible, les tests de centrage ne sont pas très parlants, mais j'ai un comportement qui semble être du centrage arrière, le planeur accentuant légèrement le piqué une fois la profondeur relâchée… Bizarre, mais bon, on verra à la pente, avec plus d'eau sous la quille.

Une dizaine de petits vols sans trouver de pompe suffisent pour ces premiers essais. Il est temps de finir le décor !

 

Décor

Pour rester dans l'esprit "nostalgie", j'ai choisi de décorer le JFF3 avec sensiblement le même look que le JFF2. Sur l'article de RCM, on ne peut pas voir les couleurs puisque tout est en noir et blanc, mais mes souvenirs sont heureusement intacts et je sais que les filets sur le fuselage, le haut de dérive et à la jonction "blanc-rouge" des ailes étaient faits avec du filet tricolore acheté au rayon accessoires automobiles en grande surface et les couleurs étaient rouge, orange et jaune. J'ai utilisé ces bandes colorées sur bon nombre de modèles à l'époque et même mon fourgon C25 tout blanc avait reçu le même décor, en version "large", du nez jusqu'à l'arrière… Pour autres éléments de décor, JFF2 avait son nom écrit à la main avec un feutre indélébile, et des autocollants de mon magasin habituel de l'époque, Mini Maxi Models à l'Hay-les-Roses, qui n'existe plus depuis bien longtemps.

Pour le JFF3, je dispose d'outils modernes et le décor sera donc découpé dans du vinyle adhésif Oracal. Les bandes ont été découpées individuellement et posées une à une. Le nom du modèle cette fois a remplacé les autocollants publicitaires, et quelques autocollants JLC-Aviation ont complété le décor. Pour rompre la monotonie du rouge intégral sous les ailes, le nom Just for Fun III et la mention "1986-2026" ont été aussi ajoutés à l'intrados en gros caractères blancs. Et ça se voit très bien en vol !

Le dessus du nez, noir sur le JFF2, est en gros foncé sur le JFF3 (comme les écritures sur fond blanc), je trouve ça plus joli qu'un noir profond.

La bulle a reçu un tour gris, fait à la peinture.

Voilà, le Just for Fun III est prêt à aller voler pour de bon… 

 

Du fun sur la pente !

Pour les vrais essais, c'est sur la pente nord de Mâcon, face à la célèbre Roche de Solutré, que le Just for Fun III a été amené. On est loin de Beynes et des pentes aux dénivelés de quelques dizaines de mètres !

Pour les premiers essais, le vent est nord-est, léger, 10 à 15 km/h, ce qui n'est pas optimal sur cette pente au niveau de la dynamique, mais qui assure d'une portance assez régulière et peu turbulente. Avec cette orientation, les approches derrière la crête ne sont pas non plus trop turbulentes, contrairement à ce qui se passe si le vent est nord-ouest. Ce jour-là, un voile fin de cirrus casse les espoirs de trouver de gros thermiques, mais en contrepartie, évite aussi la crainte de grosses dégueulantes.

Ma photographe attitrée (Cécile) est en place avec le Canon et son 70-200 mm… Et ma petite caméra Insta 360 G03S est aussi en place sur ma tête, calée dans le support de casquette, il n'y a plus qu'à y aller !

Le début du vol est donc consacré aux prises de vues et le JFF3 ne pose pas de problème, c'est un deux axes archi-classique ! Il tient en l'air, il se manie facilement, je le place où je veux pour les photos… Passé le shooting, j'attaque mon programme d'essais de mise au point. Comme je l'avais senti en plaine, la maniabilité est correcte, mais sans ce "plus" que j'aime bien avoir d'habitude sur mes deux axes. Il refuse de passer le tonneau, et bloque sur le dos. D'ailleurs, le vol dos, qu'il soit attaqué par demi-tonneau ou par demi-boucle, ne tient pas. Même la profondeur en butée, il met le nez en bas rapidement. Aucun doute, en quarante ans, mes conceptions ont bien évolué, car si le JFF3 vole correctement, il est très loin des capacités du Slider, pourtant conçu en 1995… Par contre, en positif, aucun souci, les boucles passent toutes seules et même des boucles carrées (serrées) peuvent passer sans difficulté. Il renverse aussi plutôt bien et enchaîne les huit paresseux à l'envie. Les spirales sont faciles et je peux les serrer à loisir, sans qu'il décroche ou déclenche. Les volets en léger positif augmentent nettement le Cz et permettent de spiraler sur un diamètre ridicule.

Et puisque j'en suis aux volets, essai de la fonction "Aérofreins"… Braqués à 90°, ils freinent vraiment ! En restant en crête, je peux faire facilement du stationnaire face au vent, fuselage quasi horizontal, nez à peine bas. Mais si je pousse sur la profondeur, il peut plonger sous un angle de 45, voire 60°, sans accélérer ! Ce sera parfait pour poser en arrivant sous un plan très fort, ce qui permet de passer au-dessus des rouleaux en arrière de la pente. Il suffit de pointe le nez sur l'endroit du posé et il y va direct ! Arrondi léger et on laisse poser nez encore un peu bas, pour ne pas se faire retourner par du vent sous l'aile. Un planeur STOL !

Et cerise sur le cake comme dirait Marlène des "petits meurtres", j'avais prévu une compensation à piquer pour la sortie des freins… Et lors de ces vols de réglage, je me suis aperçu qu'il n'y en avait quasiment pas besoin ! Un planeur simple et facile à vivre.

 

Le Just for Fun III s'est tout de suite senti à l'aise sur la célèbre pente Mâconnaise !

 

Pas de doute, les freins sont efficaces ! Parfait pour les petites surfaces d'atterrissage !


Centrage ? L'ombre d'un doute…

Durant cette première séance d'essais, j'ai bien sûr regardé si mon centrage était bon. J'avais eu un doute lors des essais préliminaires en Plaine de Saône… Cette fois, avec de l'eau sous la quille, je peux vraiment tester… Et le test du piqué n'est pas bon… Il accentue le piqué quand je relâche la profondeur… Pourtant, je suis centré à 33 %, avec un volume de stab plus que confortable… Bon… Je sors le plomb que je scotche directement sous le nez (car installer proprement le lest dans le nez sur la pente ne serait pas facile, mieux vaut le faire à l'atelier). De vol en vol, j'ajoute jusqu'à 60 grammes sous le museau, sans noter de grosse différence sur le pilotage, mais aussi sans que le nez daigne remonter sur le test classique du piqué… Et ça, ça me chagrine… D'autant que rien d'autre dans le comportement ne peut faire suspecter un centrage arrière. Cette séance se termine sans avoir résolu l'affaire.

Retour à l'atelier et je mesure le CG obtenu avec 60 g dans le nez, je suis à 28 % ! Glups… Pas normal.

Je m'intéresse alors à la commande de profondeur… Et je constate un très net flou dans le retour au neutre de la gouverne. Malgré une gaine qui file droit, la corde à piano de 0,8 mm dans la gaine de 1 mm intérieur génère assez de frottement pour que la profondeur ne revienne pas au même neutre après avoir poussé ou après avoir tiré sur le manche… Voilà qui peut expliquer l'affaire ! Quand le met le JFF3 en pique, je pousse sur la profondeur. Quand je relâche le manche, la gouverne reste légèrement à piquer… Et le planer accentue le plongeon.

La commande est déposée, et remplacée par une corde à piano de 0,6 mm. Et cette fois, le retour au neutre est visiblement bon… Il reste à vérifier en vol ! Etant quasiment certain d'avoir résolu l'énigme, je retire mes 60 grammes.

Les vols suivants se déroulèrent à Massilly, en plaine, et avec le mini-sandow, mais des pompes m'ont permis de grimper et de pouvoir reprendre les essais de centrage et tout avait changé ! Cette fois, le nez remonte et même un peu trop ! Il restait un peu de lest dans le nez, je l'ai supprimé presque en totalité et je suis passé de 28 % à… 42 % ! Et ce n’est pas loin de 10 % de la masse totale gagnés !

Cette fois, Just for Fun III est déclaré "bon pour le service" ! 

 


Après ces quelques images en vol, il me reste à vous laisser et à aller prendre du plaisir à juste laisser voler tranquillement le Just for Fun III, en pente et en plaine, sans prise de tête, juste en pensant au temps passé depuis le JFF premier du nom avec lequel je batifolais sur des mini-pentes en Bretagne…

J'espère que ce dossier vous aura plu, même si je n'ai pas de plan à vous proposer. Il est là pour vous inciter à être créatif, à dessiner vos propres modèles, à les mettre au point, à les améliorer sans cesse, même les plus simples !

 

Caractéristiques définitives

Nom : Just for Fun III

Conception et fabrication : Jean-Louis Coussot

Plan ou kit disponible : NON

Envergure : 1500 mm

Longueur : 955 mm

Surface alaire : 26,1 dm2

Profil : Plan convexe perso à 12%

Masse prévue au départ : 650 grammes

Masse obtenue à l'issue des essais : 639 grammes

Charge alaire prévue au départ : 25 g/dm2

Charge alaire à l'issue des essais : 24,5 g/dm2

Volume de stab : 0,56

Centrage final : 42% de la corde

 

 

A suivre ?

L'histoire va-t-elle se répéter ? Allez savoir…

Depuis que je revole avec le JFF3, je suis retombé sous le charme de son long museau que Cyrano de Bergerac n'aurait pas renié… C'est un pic, c'est un cap, c'est une péninsule… Et l'idée de faire un Just for Fun 3 axes a commencé à me titiller…

  • Modifier JFF3 ? C'est une solution, relativement rapide. Mais, il faut d'abord aller casser un peu d'une structure en bon état…
  • Refaire une aile ? C'est possible aussi…
  • Mais tant qu'à faire, pourquoi pas un nouveau planeur complet ?
  • Et pourquoi pas… plus grand ? Deux mètres, ce serait sympa, non ?
  • Et si je lui greffais un petit brusless dans le nez, histoire d'être totalement polyvalent ?

Et si cette fois, je prenais mon temps, que je le conçevais totalement en 3D, et que je sorte un jeu complet de pièces en DXF pour que d'autres puissent le faire ?

 

Mon bloc à carreaux 5x5, vite ! (Oui, c'est le dessin à droite...)

 

Le Just 4 Big Fun verra-t-il le jour ? Peut-être… Il est passé sur la longue liste des dizaines de projets et idées pour les 300 ans à venir !

 

Vous le saurez en lisant le prochain épisode de la saga des JFF ! Peut-être...

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© Jean-Louis Coussot