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La météo avec WindyTV

Le motoplaneur survitaminé !

 

Texte : Jean-Louis Coussot

Photos et vidéos : Cécile et Jean-Louis Coussot

 

Pour le second essai d'un modèle E-Flite, nous changeons radicalement de registre puisqu'après l'Airbus A320neo, on passe dans le domaine des motoplaneurs. Guix Model qui ajoute des produits Horizon Hobby à son offre depuis le printemps 2026 a demandé à Horizon Hobby Europe s'il était possible de fournir un kit du nouveau "grand" Conscendo, en 2 mètres d'envergure, afin de me le confier pour que j'en réalise l'essai. Et c'est ainsi que mi-mai, j'ai reçu un grand colis au contenu imposant ! Un grand merci donc à Guix Model et à Horizon Hobby Europe pour la confiance qu'ils m'accordent. Le temps de finaliser l'essai alors en cours (l'ARES XL) et le Conscendo se retrouvait sur le plan de travail, pour un montage plus qu'express tant le concept est bien pensé pour que voler soit le seul but. 

Pour ma part, je n'ai pas eu de Conscendo UMX ni 1.5m, je n'en ai jamais piloté, et je pars donc sans autre a priori que l'avis d'un ami qui a longtemps utilisé le 1,5 m original et l'a trouvé très agréable et "facile à vivre". la découverte va donc être quasi totale. 

 

Conscendo : une famille

Le nom et le look ne sont en effet pas nouveaux. Le Conscendo est présent au catalogue E-Flite depuis plusieurs années déjà et deux versions se partageaient le public : Un modèle en 1,5 m, qui après une première version suivie d'une autre nommée "advanced", est aujourd'hui proposé sous l'appellation Conscendo 1.5m Evolution, et un modèle format mini dans la série UMX et qui ne mesure que 802 mm d'envergure. Tous deux sont munis de grands ailerons, profonds, pour offrir une grande maniabilité et ajouter aux capacités de planeur celles de voltiger joyeusement. L'aile à forte corde est dotée d'un profil assez épais, qui favorise la robustesse, au prix d'une limitation des perfos au niveau finesse. Les motorisations sont musclées et le 1,5 m peut recevoir des batteries LiPo 3S ou 4S. En 3S pour une utilisation "standard" et en 4S pour des capacités sans limite dans les montées verticales.

Les Conscendo UMX et 1.5m Evolution sont des motoplaneurs électriques "grand public", faciles à vivre, polyvalents puisqu’offrant à la fois le plaisir du planeur avec mise en altitude autonome, la possibilité de faire du vol de pente, et grâce à des motorisations musclées, la voltige débridée avec une cellule robuste permettant beaucoup d'excès.

L'arrivée du grand frère Conscendo 2.0m vient étire la gamme vers le haut, avec la même philosophie : un modèle polyvalent, avec une motorisation pouvant être "normale" avec des batteries 4S, mais aussi totalement surpuissante avec des packs en 6S ! Pensé "à l'américaine", on est loin du planeur "Européen" pensé davantage pour la pure performance en plané, et comme en matière automobile, un gros moteur est là pour faire monter l'adrénaline ! Il y avait les "Muscle Cars", et avec E-Flite, il y a maintenant le "Muscle Glider" ! Au passage, avec l'augmentation de taille, on a gagné une aile "quadro flaps", avec des volets, donc… Et aussi une innovation : un train d'atterrissage amovible ! Ainsi, la polyvalence est encore accrue puisqu'on aura un motoplaneur ou un avion (très fin !) au choix.

 

Conscendo UMX

Conscendo 1.5m Evolution

Conscendo 2.0m

 

Conscendo 2.0m - Caractéristiques

Nom : Conscendo 2.0m

Fabricant : E-Flite (Groupe Horizon Hobby)

Prix conseillé par Horizon Hobby, version PNP : 399,99 € (Au 25 mai 2026)

Prix conseillé par Horizon Hobby, version BNF Basic : 439,99 € (Au 25 mai 2026)

Kit pour cet essai confié par GUIX MODELhttps://www.guixmodel.fr

Page produit chez Guix Modelhttps://www.guixmodel.fr/modelisme/avion/planeurs/conscendo-2000mm-pnp-e-flite-detail

Envergure : 2000 mm

Longueur : 1344 mm

Surface alaire : Environ 45,98 dm2

Profil : Plan convexe 12,2 %

Masse sans batterie annoncée : 2400 g

Masse avec batterie annoncée : 2900 g

Masse sans batterie obtenue : 2265 g sans train, 2436 g avec train.

Masse avec batterie LiPo 4S 3600 mAh obtenue : 2611 g sans train, 2782 g avec train

Masse avec batterie LiPo 4S 5000 mAh obtenue : 2716 g sans train, 2887 g avec train

Charge alaire obtenue : Entre 56,8 et 62,8 g/dm2 selon batterie et train ou non. 

Moteur : Brushless 3130 Kv 480

Hélice : repliable 12,8" x 10"

Contrôleur : 70 A compatible télémétrie

Servos : 6 x servos A383 digitaux à pignons métal. 

Batterie conseillée : LiPo 4S, 5S ou 6S entre 3200 et 5000 mAh avec connecteur EC5 ou IC5

Gouvernes : Profondeur, direction, ailerons, volets.

Train d'atterrissage : Train principal démontable, roulette de queue intégrée à la gouverne de direction. 

 

Découvrons le kit

 

La boîte est de taille respectable : 1465 x 530 x 160 mm. Si vous commandez par correspondance, elle arrivera dans un suremballage en carton fort marron qui augmente encore légèrement le format, et protège parfaitement le kit.

Elle est entièrement décorée en quadrichromie et en parcourant les faces, en plus de photos sous divers angles, on va trouver toutes les infos utiles concernant le modèle et ses caractéristiques.

Une face est particulièrement importante : celle qui indique si la boîte contient le kit PNP ou le kit BNF Basic. Si les deux sont livrés avec moteur, hélice, contrôleur et servos en place, le BNF Basic comprend en plus un récepteur Spektrum AR8360T disposant des technologies de stabilisation AS3X et de retour à plat automatique SAFE Select. Il faut bien lire l'étiquette comportant le code-barres pour savoir quelle est la version contenue.

Pour mémoire, la version BNF Basic est destinée aux pilotes équipés d'un émetteur compatible Spektrum à modulation DSMX ou DSM2 avec 6 à 8 voies. La version PNP sera utilisée plutôt par des pilotes ayant des ensembles radio d'autres marques et 5 voies sont le minimum (en ajoutant 2 cordons en Y pour ailerons et volets), mais 7 voies sont préférables pour dissocier les deux servos d'ailerons et les deux servos de volets et ainsi disposer d'une panoplie étendue de mixages. 

 

 

Petit rappel pour toute la suite :
Chaque diaporama se rapporte au chapitre qui le précède et chaque photo est légendée.
Les légendes sont une partie intégrante importante pour la compréhension de l'essai.
Pour lire la légende, plusieurs possibilités :

 

  1. Cliquer sur une photo pour l'afficher en grand. La légende est alors lisible en bas de l'image. (Méthode recommandée ! La plus facile à lire.)
  2. Juste "survoler" la photo avec le curseur de la souris sans cliquer dessus, la légende s'affiche alors dans un pop-up.
  3. Survoler la miniature de la photo avec le curseur de la souris sans cliquer dessus, la légende s'affiche alors aussi dans un pop-up.

 


En ouvrant le carton, on sort un container en polystyrène expansé où chaque élément est parfaitement rangé et calé. Des entretoises immobilisent ailes, fuselage, stabs et pour les deux jambes de train, il y a même une petite sangle de velcro pour les immobiliser. Ainsi, le Conscendo 2.0m étant conçu pour rester entièrement démontable facilement et rapidement, il sera possible de ranger le modèle dans sa boîte pour le stockage et pour le transport. Les modélistes les plus soigneux sauront apprécier cette possibilité. 

 

 

Le déballage est rapide et on note tout de suite le faible nombre d'éléments ainsi que l'évidente facilité pour l'assemblage. Outre le fuselage et les deux demi-ailes, on trouve la verrière, les deux demi-stabs, les deux trains principaux, deux clés d'ailes, un clé de stab, la notice et une planche d'autocollants optionnels. 

 

 

Regardons chaque élément en détail... N'oubliez pas de lire les légendes de chaque photo...

 


Le déballage est rapide et on note tout de suite le faible nombre d'éléments ainsi que l'évidente facilité pour l'assemblage.


Examen général du kit

D'entrée de jeu, la fabrication semble vraiment au top ! Avant même d'ouvrir le manuel, on voit que le montage est intuitif et qu'il ne va prendre que quelques minutes. Le système de verrou des ailes contre le fuselage est le plus beau que j'ai jamais vu… Et ça marche super-bien. Il faudra juste bien vérifier que le bouton est remonté à fleur du dessus du fuselage pour s'assurer que l'aile est verrouillée. En un peu plus simple puisque juste en plastique, le verrouillage des stabs est lui aussi convaincant.

Les clés d'ailes et de stabs inspirent plus que confiance ! On pourra "tirer des G" sans crainte, elles ne lâcheront jamais.

L'accès au récepteur, éloigné de la motorisation, est bien fait, pratique.

La connexion automatique des servos des ailes est un gros "plus" pour la praticité sur le terrain.

La notice fournie est assez complète. De nombreux chapitres sont dédiés à la version BNF Basic pour apprendre comment appairer le récepteur à un émetteur Spektrum, comment programmer le modèle, comment transférer le programme "tout fait" contenu dans une mémoire du récepteur vers un émetteur compatible…

Pour ceux qui devront programmer eux-mêmes un émetteur d'autre marque, le tableau de débattement est très basique avec des petits et des grands débattements et deux positions de volets, style "avion". Là, ça aurait mérité mieux, car pour bien exploiter le Conscendo en tant que planeur, il va falloir un peu plus que ça !

De même, concernant le centrage, la plage proposée est faite pour un modèle super-sage… Trop à mon sens. Au fil des essais, je suis arrivé à ce que le Conscendo 2.0m devienne un vrai planeur en le centrant 1 centimètre en arrière de la limite arrière de la notice. Et ça change tout quant au choix de la capacité de batterie utilisée !

 

Des servos astucieux !

Par curiosité, j'ai ouvert un des logements de servo sous une aile, pour voir comment c'était monté. Bel encastrement, rien à dire… Mais j'ai découvert une particularité du servo A383 installé : Un connecteur sur le boîtier permet de débrancher le servo facilement, sans avoir à sortir la rallonge. Ce système existe sans doute depuis un bon moment sur les modèles E-Flite, mais c'est la première fois que je le vois et je trouve ça super-malin ! S'il faut intervenir sur le servo, soit pour le remplacer, soit pour changer des pignons, ce sera vraiment facile ! Une idée qui mériterait de se retrouver sur de nombreux servos, toutes marques confondues ! J'ai regardé sur le site Horizon Hobby, et ce servo au détail est livré avec une courte rallonge qui se connecte au servo, et une rallonge classique un peu plus longue. Il est facile d'adapter ce système dans n'importe quel modèle.

 

Le servo A383, sorti de son support d'aile. Notez le connecteur qui évite de devoir sortir la rallonge si on doit intervenir sur le servo. 

Le servo A383 tel qu'il est proposé par Horizon Hobby en pièce de rechange, avec son connecteur et une petite rallonge. (Photo Horizon Hobby)


Moteur "à l'américaine" ! (Oui… musclé !)

Modèle monté, le moteur n'est pas visible. J'ai eu envie de voir de mes yeux ce qu'était ce 3130 Kv 480. Il faut s'équiper de clés allen (heureusement en format métrique) ou de tournevis à embouts hexagonaux pour déposer le cône et le flasque porte pales. Le cône déposé, on découvre la fixation du porte pale sur le moteur et on a une solution qui change des pinces ou des vis de pressions auxquelles nous sommes habitués. Ici, le flasque porte pales est centré sur la cage du moteur et fixé sur cette cage par 4 vis robustes (avec du frein filet, c'est bien !). Celui qui perdra l'hélice en vol devra expliquer comment il a réussi ! Le montage respire la santé. Une fois le porte pales déposé, on peut enlever le capot plastique, tenu par 3 vis (cette fois, il faut un tournevis cruciforme) et le moteur est enfin visible. Et pas de doute, c'est du "lourd" ! Un moteur énorme pour un planeur de 2 mètres, capable de faire voler des avions de voltige de 1 m 80 sans s'essouffler. Il est siglé Spektrum, référence SPM-1099. On apprend que c'est un 14 pôles et on retrouve le format et le Kv notés sur la cage tournante. Je dois dire que ça valait le coup d'ouvrir, car d'une part, c'est bien pensé, c'est robuste, mais c'est aussi si différent de la majorité des montages d'hélices vus jusqu'ici qu'il était intéressant de voir ça !

 


Parlons maintenant des formes et solutions aérodynamiques retenues.

Le fuselage est long à l'arrière, et les surfaces des empennages sont généreuses : on aura un planeur qui a de la trajectoire, qui sera bien amorti en lacet comme en tangage.

Le nez semble relativement court : même avec un gros moteur, il va falloir des batteries conséquentes pour centrer le modèle.

La dérive porte une gouverne de direction de surface moyenne, qui semble suffisante pour les évolutions planeur, mais qui sera peut-être un peu juste en voltige, je pense plus particulièrement pour les renversements.

Les ailes ont de la surface, avec une corde imposante à l'emplanture de 280 mm ! Le profil est de type plat à l'intrados depuis environ 30 % jusqu'au bord de fuite. Le bord d'attaque remonte un peu à l'intrados, ce qui fait que le comportement devrait être pratiquement celui d'un biconvexe très dissymétrique. Ce profil est très épais, avec plus de 12 % mesurés aussi bien à l'emplanture qu'au saumon. Son épaisseur maximale est assez en avant. On n'a visiblement là un profil plutôt venu du monde des avions que de celui des planeurs de performance. Il devrait être bien "porteur", ce qui sera utile au vu des masses avec et sans accu données par la documentation. On est assez éloigné des conceptions "européennes" en matière de planeur, et bien dans un style américano-chinois, qui cherche la robustesse avant la performance. Les grandes gouvernes des ailes, à corde profonde, laissent augurer d'une belle efficacité. Toutefois, les volets ne peuvent pas débattre énormément vers le bas, ce qui va limiter un peu l'efficacité en tant qu'aérofreins. Par contre, associés aux ailerons, ils promettent un taux de roulis "intéressant" !


Globalement, les éléments tenus en main ne sont pas légers, mais ils sont particulièrement "costauds". Le Conscendo 2.0m sera une machine du dimanche, qui ne craint pas de poser sur des sites peu préparés comme c'est souvent le cas en vol de pente. 


Equipements à ajouter

Disposant du kit PNP, j'ai donc dû ajouter un récepteur et la batterie.

Pour le récepteur, étant équipé en JETI, j'ai utilisé un récepteur REX10 Assist, qui intègre gyros et accéléromètres, et en option altimètre et variomètre. Ainsi, je pourrais disposer de modes de stabilisations comparables au système AS3X du récepteur Spektrum de la version BNF Basic.

Pour la batterie, la notice nous dit que l'on peut équiper le Conscendo 2.0m avec des LiPo en 4S, 5S ou 6S, et avec des capacités entre 3200 et 5000 mAh ! Whaow… Là encore, on est très loin des conceptions européennes où un planeur de 2 mètres vole en moyenne avec des 3S de 2200 à 2500 mAh. Le faible Kv du moteur (480) est visiblement fait pour des tensions élevées et l'hélice a été choisie pour être compatible avec des tensions entre 14,8 V et 22,2 V ! J'ai initialement prévu d'utiliser un pack 4S de 3600 mAh. Je me suis rendu compte au moment de centrer le modèle que pour arriver à un centre de gravité pratiquement à l'arrière de la plage de centrage indiquée, il ne suffisait pas. Alors, plutôt que de mettre du plomb, je suis passé à un 4S 5000 mAh pour voler sans le train. Avec le train qui ajoute 171 grammes bien en avant du C.G., je pouvais utiliser le 3600 mAh.

Finalement, lors des essais, je me suis rendu compte que l'on pouvait centrer le planeur bien plus arrière et au final, je n'utilise plus que les 4S 3600 mAh, avec ou sans train, en positionnant simplement le pack un peu plus avant sans train et un peu plus arrière avec le train en place.

J'ai aussi voulu savoir comment se comportait le Conscendo 2.0m en version "musclée" et j'ai approvisionné un pack 6S 3000 mAh qu'il faut reculer pas mal pour conserver le centrage efficace.

Le connecteur du contrôleur est de type EC5 et comme mes packs sont en XT60 ou XT90, j'ai dû employer divers adaptateurs pour connecter la batterie. 

 

Le récepteur REX10 Assist utilisé dispose de gyros assurant une stabilisation similaire au récepteur Spektrum avec AS3X. 

Le pack utilisé principalement est un LiPo 4S 3600 mAh. Le modèle a aussi été testé avec un 4S 5000 mAh et un 6S 3000 mAh

Selon les packs utilisés, j'ai dû trouver les adaptateurs permettant de connecter des XT60 ou XT90 avec la price EC5 du contrôleur.


Assemblage et équipement

L'assemblage est si facile et si rapide qu'il peut se faire éventuellement directement sur le terrain ! La mise en place du récepteur et la programmation par contre devront se faire au calme, à l'atelier !

Il faut tout d'abord repérer les fils des servos et du contrôleur. Pour ce dernier, et pour le servos de profondeur et de direction, c'est facile, on voit d'où ils viennent. Par contre, pour les ailerons et les volets, mieux vaux monter les ailes et à l'aide d'un testeur, chercher "qui est qui". Il reste à la fin un connecteur qui semble ne rien commander : c'est en fait l'alimentation des éclairages du stab, dans le cas où l'on achète et installe ce complément optionnel. Comme hélas, le vol de nuit d'aéromodèles est désormais totalement interdit en France, je n'envisage pas d'ajouter cette option, qui semble pourtant bien sympathique avec des modes de couleurs et de clignotement très variés.

Bref, une fois toutes les connexions faites sur le récepteur, celui-ci est fixé au double face dans son logement et les fils rangés soigneusement. E-Flite a prévu deux gaines pour passer les antennes 2,4 Ghz, mais, comme c'était déjà le cas dans l'Airbus, ces gaines sont parallèles, ce qui n'est pas le plus judicieux. J'ai donc bien glissé une des antennes dans une des gaines, mais j'ai disposé la seconde antenne à 90°, en travers du fuselage, pour une réception optimale.

Avant d'assembler les ailes, j'ai tracé avec un feutre indélébile les positions nominales, limite avant et limite arrière du centre de gravité selon la notice, soit des marques à 80, 90 et 100 mm en arrière du bord d'attaque à l'emplanture. Même si j'utilise aussi une balance de centrage, ça reste pratique pour un contrôle rapide sur le terrain.

L'assemblage proprement dit se fait en 3 minutes chrono :

Glisser les trains dans les fentes prévues, les deux jambes se verrouillent automatiquement.

Glisser la clé de stab dans le trou prévu, enfiler les deux demi-stabs jusqu'à ce qu'ils se verrouillent. Le clic est perceptible. Il faut ensuite clipser la chape de profondeur sur la boule du guignol de profondeur.

Glisser les deux clés d'aile dans le fuselage et enfiler chaque demi-aile bien à fond. Là encore, le déclic des verrous s'entend parfaitement. On contrôle juste que le poussoir est complètement remonté et c'est fini !

Et s'il faut démonter, c'est quasiment aussi rapide… Seule la chape de profondeur peut nécessiter un tournevis plat, ou mieux, une pince à chape, pour la déconnexion.

Si on veut voler sans train, on pousse sur le carré en plastique entre les jambes de trains sous le fuselage et on sort les deux jambes de train… 10 secondes maximum !

Vraiment, les opérations d'assemblage sont optimisées au maximum ! J'aime beaucoup. 

 

Ci-dessous, deux vues du récepteur installé, avec ses antennes à 90° l'une de l'autre. 

 

Des marques ont été faites à 80, 90 et 100 mm en arrière du bord d'attaque, sous chaque aile, pour un contrôle aisé du centrage. 

 

Les jambes de train s'enfilent dans les fentes prévues et elles se verrouillent automatiquement. Un bouton sous le fuselage permet de les déverrouiller. 

 

Bref... Le Conscendo 2.0m n'attend plus que la programmation de la radio. 

 

Allez, petit intermède avec quelques photos du Conscendo assemblé. 

 

Réglages

J'ai commencé par le centre de gravité… pour le premier vol. Il changera vite ensuite. Quand j'ai installé mon pack 4S 3600 mAh, je me suis rendu compte que sans train, même en l'avançant au maximum, j'étais centré derrière la limite arrière de la notice… Je suis donc passé à un pack 4S 5000 mAh et en l'avançant quasi au maximum, je suis parvenu à centrer le Conscendo 2.0m dans la plage indiquée, à 97 mm du B.A. dixit ma balance de centrage, pour une limite arrière donnée à 100 mm. J'ai vu qu'avec le train en place, je devais soit reculer ce gros pack, soit revenir au pack de 3600 mAh tout en avant pour obtenir le même résultat.

Lors des essais en vol, j'ai vite constaté que le modèle était centré avant, remontant rapidement sur le classique test en piqué sous 30° moteur coupé.

J'ai donc d'abord reculé le pack 5000 mAh et voyant que je pouvais encore reculer le C.G., je suis revenu au pack de 3600 mAh en cherchant la position, avec et sans train, où le comportement était presque neutre, avec une remontée très lente lors du test en piqué.

Au final, je vole maintenant avec un centre de gravité situé à 110 mm derrière le bord d'attaque à l'emplanture, soit un centimètre derrière la limite de la notice. N'allez pas au-delà, un modèle divergeant n'est ni agréable, ni sécurisant… Mais entre 100 et 110 mm, vous devriez tous trouver votre C.G. de prédilection.


Pour les débattements et mixages, je me suis dit que le Conscendo 2.0m allait avoir deux utilisations :

  • Sans train, ce sera un planeur avec des réglages… de planeur.
  • Avec train, ce sera un avion, sans doute bien plus fin que la moyenne, mais avec des réglages typés avion.

J'ai donc créé deux programmes différents sur mon émetteur et selon que je vole avec ou sans train, je choisis celui qui correspond.


Le programme "planeur"

Il comporte les trois phases de vol classiques :

  • Transition, qui est le réglage de base, volets au neutre.
  • Thermique, avec un peu de courbure pour porter plus, sans trop exagérer la traînée, afin d'exploiter les thermiques ou la dynamique en pente.
  • Acro, avec volets et ailerons légèrement relevés, pour voler vite et tourner de la voltige.
  • Une quatrième phase, prioritaire sur les 3 autres, ne sert qu'à l'atterrissage, c'est la phase "crocodiles", avec les volets baissés, les ailerons relevés et avec une compensation à la profondeur. Comme j'ai gardé la commande de gaz sur le manche de gaz, je déclenche cette fonction aérofreins crocodiles via un inter 2 positions en haut de mon manche de gaz. Une temporisation évite une transition brutale (1,7 seconde).

Pour chacune des phases, le différentiel d'ailerons, le mixage ailerons>volets, le mixage ailerons>direction, le snap-flaps, les débattements et les expos varient afin de rendre le modèle le plus agréable possible dans chaque type d'évolution.

La notice prévoit des dual rate. Je me suis rendu compte que sur la profondeur, le grand débattement n'était quasiment jamais utile. C'est peut-être aussi parce que je vole avec un centrage bien plus arrière que préconisé… J'ai fini par supprimer les doubles débattements et trouvé des intermédiaires qui me conviennent parfaitement.


Détaillons un peu plus les principes utilisés pour chaque phase de vol :

Phase "Transition" :

  • Volets et ailerons au neutre (le réglage se fait avec une règle sous l'intrados, volets et ailerons devant être alignés avec le dessous du profil.)
  • Les ailerons ont un bon différentiel et j'ai un mixage ailerons > direction afin de limiter le lacet inverse qui est presque imperceptible.
  • Un mixage ailerons > volets avec moins de débattement aux volets en roulis permet à toute l'aile de travailler dans le même sens, efficacité en roulis excellente.
  • Un mixage "snap-flaps" spécial est prévu : En transition, on tire la profondeur surtout pour soutenir en virage, ou le temps de traverser une zone d'air porteur en vol de pente. On cherche donc plus de la portance qu'à vraiment modifier l'assiette du planeur à cabrer. Donc, quand je tire légèrement le manche de profondeur, volets et ailerons se baissent un peu pour donner un surcroît de portance. Passé la moitié de la course du manche de profondeur à cabrer, c'est que je veux vraiment lever le nez. Mais je n'augmente plus le braquage des volets et des ailerons, afin de ne pas induire une forte traînée. A piquer, en transition, je cherche à accélérer sans top chuter, je n'ai donc pas intérêt à dégrader le profil en braquant volets et ailerons vers le haut et donc, ma profondeur n'agit pas sur volets et ailerons si je pousse sur le manche.

Phase "thermique" :

  • Le neutre des volets est baissé de quelques millimètres, celui des ailerons aussi, mais un peu moins. Ainsi, on creuse le profil pour porter plus, en créant un vrillage négatif évitant un décrochage en bout d'aile.
  • Le différentiel est plus important que sur la phase transition, et le couplage ailerons > direction aussi, car le lacet inverse est plus présent.
  • Il n'y a plus de snap flaps du tout, car la courbure est donnée en permanence.

Phase "Acro" :

  • Le neutre des volets et des ailerons est légèrement relevé, avec le bord de fuite des volets et des ailerons aligné. Ceci est favorable au vol dos, et ça réduit très légèrement la traînée, pour voler plus vite.
  • Le différentiel d'ailerons est réduit, car on vole vite et le lacet inverse est moins important.
  • Il n'y a plus de mixage ailerons > direction, car il serait nuisible en voltige.
  • Le mixage snap-flaps est symétrique et proportionnel, on adapte le besoin en Cz aux demandes de la profondeur. Et sur le dos, le profil tient un peu mieux puisqu'on creuse l'extrados.

Phase "Crocodiles" :

  • Les volets sont baissés le plus possible, les ailerons sont relevés partiellement, afin de créer de la traînée pour limiter la finesse à l'atterrissage.
  • Une compensation à piquer est nécessaire à la profondeur. 

Pas de doubles débattements :

A départ, j'avais prévu des doubles débattements. Au fil des essais, je me suis rendu compte que je volais pratiquement toujours avec les "petits débattements". Au final, j'ai trouvé un compromis qui va très bien pour chaque phase de vol et donc, j'ai supprimé la fonction dual-rate du programme "planeur". C'est différent pour le mode "avion", nous verrons ça plus bas. 

 

Voilà pour les principes. Pour les valeurs précises, je les ai regroupé dans le tableau qui suit.

Ce sont les valeurs mesurées à l'issue des vols de mise au point, pas celles que j'avais lors du premier vol bien entendu. 

 

Quelques photos en vol pour reposer la tête ! Ici, lors des premiers vols en Plaine de Saône, sans le train et en mode "planeur". 

 

Retrouvez la découverte du kit, l'assemblage et les réglages

 type "planeur" en vidéo sur ma chaîne YouTube :


Le programme "Avion"

Là encore, j'utilise trois phases de vol, afin de simplifier la gestion de la compensation sur la profondeur pour chaque position de volets. Et ça permet aussi de gérer le différentiel d'ailerons, le mixage ailerons direction et le mixage snap-flaps pour chaque phase, donc pour chaque position de volets. Un seul inter à trois positions change complètement la configuration du modèle, c'est très simple à l'usage.

Ici, chaque phase de vol correspond donc à une configuration des volets et de manière générale à une partie spécifique du vol :

  • Volets rentrés : Ce sera la position standard, pour voler cool comme pour voltiger.
  • Volets 1 cran : C'est la configuration pour décoller, avec une aile qui porte un peu plus.
  • Volets 2 crans : Pour l'atterrissage, on ajoute de la traînée pour allonger (un peu) moins.


Voyons les spécificités de chaque phase :

Volets rentrés :

  • Les volets sont donc au neutre, c'est-à-dire que l'intrados est plat.
  • Un mixage des ailerons vers les volets augmente l'efficacité en roulis.
  • Un mixage de type "Snap-Flaps" couple les volets (uniquement) à la profondeur, pour faciliter les figures type "boucle carrée", et aussi pour adapter l'aile au vol dos.
  • Pas de mixage ailerons vers direction pour ne pas induire d'effet désagréable en voltige.
  • Uniquement sur cette phase, j'ai prévu un inter de dual rate (doubles débattements) : Les petits débattements sont amplement suffisants pour toute la voltige coulée classique et même pour certaines figures plus sèches comme les boucles carrées. Les grands débattements portent sur la profondeur et sur les ailerons et ils ne servent que pour réaliser des vrilles, des tonneaux déclenchés et notamment pour faire de belles avalanches.


Volets 1 cran :

  • Un peu de volets donne une aile un peu plus porteuse. Agréable au décollage et pour des passages "cool".
  • Les ailerons restent au neutre.
  • Pas besoin de mixage ailerons vers volets, on ne voltige pas dans cette configuration.
  • Le différentiel des ailerons est un peu plus important, afin de limiter le lacet inverse.
  • Un mixage ailerons vers direction sert lui aussi à gommer le lacet inverse.
  • Pas de mixage type snap-flaps.
  • Pas besoin de doubles débattements, on ne vrille pas et on ne déclenche pas volets sortis.


Volets 2 crans :

  • Le braquage plus fort des volets sert à trouver un peu de traînée, car le Conscendo allonge énormément. On n'a toutefois pas des volets aussi efficaces que sur des avions "STOL" ! On peut aussi voler ainsi "pleins volets" pour évoluer pas trop vite dans un volume restreint.
  • Les ailerons restent au neutre.
  • Toujours pas besoin de mixage ailerons vers volets, on ne voltige pas dans cette configuration.
  • Le différentiel des ailerons est beaucoup plus important, afin de limiter le lacet inverse, car in cherche à volet lentement. Le débattement vers le haut des ailerons est augmenté afin d'avoir une bonne défense en vol lent.
  • Un mixage ailerons vers direction plus fort sert lui aussi à gommer le lacet inverse.
  • Pas de mixage type snap-flaps.
  • Pas besoin de doubles débattements, on ne vrille pas et on ne déclenche pas dans cette configuration. 

Note sur le centrage

L'ajout du train tend à avancer le centrage, il pèse 171 grammes et est bien en avant du CG. Pour voler dans un style "Avion", sans toucher la batterie de place, on passe de 110 à 105 mm, et c'est tout à fait agréable ainsi, pour la voltige. Si même avec les roues, on a envie de traquer la bulle, il suffit de reculer le pack de batteries un peu plus pour retrouver les 110 mm. 

 

Voilà pour les principes de ce second type de programme. Voici les valeurs relevées une fois ma mise au point terminée.

 

Cette fois, le Conscedo 2.0m se prend pour un avion ! Le voilà en vol avec son train.


Essais en vol et mise au point

Les premiers vols ont été réalisés en plaine, avec des packs LiPo 4S. Comme je l'ai expliqué plus haut, le premier vol a été réalisé avec un pack de 5000 mAh qui permettait d'être centré proche de la limite arrière donnée par le manuel.

Dès le premier vol, j'ai pu constater que le Conscendo volait très bien, et qu'il allongeait beaucoup moteur coupé. Mais j'ai consacré l'essentiel de ce vol inaugural aux prises de vues, vidéo et photo. Toutefois, une fois ces "formalités" accomplies, j'ai commencé les vrais essais et j'ai vite ressenti que le centrage semblait trop avant. J'ai d'abord reculé le pack de 5000 mAh et j'ai trouvé une amélioration, mais visiblement, ce n'était pas encore "à ma main". Je suis donc reparti avec un pack plus léger, de 3600 mAh (celui que j'avais envisagé dès le départ et qui me semblait "logique"), et en deux autres vols pour chercher la position du pack, je suis arrivé à un comportement qui me convienne, à savoir que sur le test en piqué, la trajectoire se redresse très lentement. Dès lors, les performances se sont montrées très bonnes au plan de la finesse et bonnes au plan du taux de chute. Bien sûr, on descend plus fort avec ce modèle dont la charge alaire tourne autour des 60 g/dm2 qu'avec un pur gratteur chargé entre 25 et 35 g/dm2, c'est normal ! Mais dès la première séance de vols, j'ai commencé à trouver et exploiter de petites ascendances thermiques.

J'ai constaté que même avec les aérofreins crocodiles, le Conscendo allongeait pas mal à l'atterrissage et j'ai augmenté rapidement le débattement des volets pour cette fonction. Après une bone prise en main, je pose le planeur plus facilement près de moi, mais ce n'est pas la facilité d'un F3J/F5J qui peut "tomber du ciel sans accélérer". Ici, on doit arriver d'assez loin et sur une trajectoire assez plate et donc, un minimum d'expérinece est requis. 

Lors de la séance suivante, sur une rencontre interclubs au Creusot, j'ai pu voler de concert avec des collègues dotés de modèles purement "gratteurs" et spiraler de concert dans les mêmes pompes, cette fois plus marquées. Et pas de problème, le Conscendo 2,0 m monte et est agréable en spirale. Il faut bien sûr passer en phase "thermique" et lui conserver sa vitesse (trop tirer dessus dégrade les performances), et travailler un peu à la direction pour voler symétrique, mais il grimpe ! Certes, les purs gratteurs, plus grands et plus léger me larguent sans problème, mais eu ne pourront pas redescendre dans une voltige musclée avec de gros badins ! Et en voltige, avec la phase "Acro", le Conscendo 2,0 m se défend bien, il est très rigide et les ailes ne bougent pratiquement pas sous fort facteur de charge (j'ai dépassé les 6G en positif comme en négatif sans la moindre inquiétude). Avec ses 2,7 kg, il garde bien l'énergie et la vitesse. Pa contre, on perd vite de la hauteur et sans remettre de moteur, on ne peut pas enchaîner énormément de figures. Avec une bonne utilisation du moteur uniquement pour les parties "montantes" des figures, on peut enchaîner tout ce qui passe par la tête non-stop durant un temps incroyable.

Sur cette rencontre, la piste en dur m'a bien sûr permis de tester le train d'atterrissage et ma configuration "avion". J'ai noté que pour une bonne tenue d'axe au décollage, il était nécessaire de tenir la roulette de queue bien plaquée au sol pratiquement jusqu'au décollage, sans quoi, le moindre vent de travers se ressent avec un effet de girouette marqué. Et dès que le Conscendo vole, il faut un peu de direction à droite tant que la vitesse est encore faible, car il ne semble pas y avoir assez d'anticouple et le souffle hélicoïdal tire le nez à gauche. Une fois la vitesse plus élevée et les volets rentrés, plus besoin de "pied à droite", le Conscendo file droit !

Les essais se sont poursuivis sur plusieurs sites de vol et avec des conditions de température, de vent et de type de piste variés afin de bien "faire le tour" des possibilités du Conscendo 2,0 m, avec entre autres des vols avec roues sur la belle piste en herbe de Péronne, montrant que le train est vraiment bien pensé, puisque taxiage, décollages et atterrissages sur herbe se sont révélés faciles et agréables !

J’ai également fait des vols de "mesure", avec de la télémétrie, pour évaluer le taux de montée, le taux de chute et la capacité à réaliser de longs vols et j'ai obtenu les résultats suivants :

  • Le taux de montée avec un pack 4S est de l'ordre de 6 m/s en début de pack et encore de 4 m/s quand il est temps de poser…
  • Le taux de chute mini, obtenu en phase "thermique", est de l'ordre de 0,8 m/s, ce qui est honorable pour la masse et la charge alaire du modèle.
  • En air neutre, tôt le matin, avant que la convexion démarre, j'ai réalisé un vol d'une heure et 3 minutes en utilisant 9 minutes et 36 secondes de moteur, avec le pack 4S 3600 mAh. Il a consisté en des montées vers 100 mètres moteur pleins gaz, suivies de descentes en vol très calme, et ainsi de suite. Bon, j'ai rechargé 3280 mAh après ce vol, je suis donc allé un peu trop loin… Je devrais me limiter à consommer 2500 mAh sur ce pack. On peut donc en déduire qu'en air neutre, on peut en volant cool, réaliser des vols de 45 à 50 minutes avec un 4S de 3600 mAh. C'est très correct !

Certes, le rendement est moindre qu'avec mon Lentus qui fait 3 mètres, se contente de packs 3S de 3300 mAh pour voler une heure en gardant 30 % en réserve dans les mêmes conditions, mais le résultat est tout de même convaincant et si certains trouvent que le Conscendo plane mal (j'ai eu des réponses en ce sens sur Facebook), je les invite à essayer mes réglages sans attendre.

En voltige, j'ai trouvé le Conscendo convaincant ! Les trajectoires sont tendues, les arrêts en roulis propres, On peut varier l'amplitude des évolutions dans le plan vertical en utilisant plus ou moins le moteur, le vol dos est sain… Et la masse "pousse" en quelque sorte le modèle et aide à étirer les évolutions. Et pour le moment, on vole en "4S" seulement… Seule la direction est un peu juste pour les renversements qui imposent de souffler au moteur pour obtenir un basculement propre, quoiqu’assez lent. Il faudra voir en vol de pente ce qu'il en est moteur coupé, c'est généralement plus aisé avec le vent plein travers. Les programmes "planeur" et "avion", bien qu'assez différents sur les phases utilisées en voltige, donnent des résultats finalement assez proches. Le train bien profilé ne gêne pas, je ne peux pas dire avoir ressenti de différence sur le pilotage, seul le look change de manière très visible.

 

Puissance 6S !

L'essai ne serait pas complet si je m'étais contenté de faire voler le Conscendo 2.0m avec des LiPo 4S. E-Flite indique que l'on peut l'utiliser avec des 4S, 5S ou 6S… Et le Kv du moteur (seulement 480 t/mn/V) indique clairement qu'il est fait pour supporter des tensions élevées. Les seuls packs en 6S dont je disposais quand j'ai reçu le kit étaient ceux qui font voler l'Airbus A1320neo E-Flite, et ce sont des 5800 mAh, bien trop gros pour se loger dans le fuselage du motoplaneur.

J'ai donc regardé ce que Guix Model avait en stock en cherchant un pack dont la masse soit entre celle des 4S 3600 mAh qui me permettent de centrer pile-poil le Conscendo et les 4S 5000 mAh. Ces packs pèsent respectivement 346 g et 451 g. J'ai trouvé un pack en stock SLS X-Cube 6S 3000 mAh pesant 420 g et avec des dimensions parfaitement compatibles avec le logement de batterie. En le reculant bien, je pouvais retrouver un centrage à 105 mm du BA. J'ai passé commande et deux jours plus tard, je pouvais attaquer les essais en version survitaminée.

Je m'attendais à une belle différence et je me suis dit que de 6 m/s en montée, on allait sans doute cette fois dépasser les 10 m/s…

Je n'ai pas été déçu !

Testé à nouveau en premier sans train, dès le lancer, la différence se fait nettement sentir ! Plein gaz, on n'a pas envie de s'attarder avec le modèle à bout de bras, il veut vous emmener avec lui ! Accélération vraiment rapide et on peut passer en montée verticale directement, le Conscendo continue à accélérer en grimpant littéralement accroché à l'hélice. En 6 secondes, on dépasse les 100 mètres de hauteur et sur l'élan, le temps de couper les gaz et de remettre à plat, mon alarme des 120 mètres (pour les vols hors terrain de modélisme agréé) se déclenche…

En palier plein gaz, il avance "grave" ! Je ne vais pas dire qu'il devient un racer, mais les sensations sont là, et quand on remet le nez en l'air, il escalade littéralement le ciel ! En fait, on a la sensation d'être passé d'un motoplaneur polyvalent capable déjà d'une voltige souple à un gros hotliner sous stéroïdes ! De ce fait, la voltige évolue et permet d'immenses amplitudes dans le plan vertical. Plein gaz, à la verticale, il n'arrête jamais de monter. Pour faire un renversement, il est impératif de réduire la puissance vers mi-gaz pour qu'il ralentisse et que l'on puisse "botter". Les boucles carrées peuvent être aussi grandes qu'on le souhaite, il n'y a plus de limite. Les enchaînements de figures n'utilisent que de brefs moments de plein gaz, juste pour relancer le modèle quand le nez est vers le haut, le reste passe sur l'inertie. Ainsi, après une figure de demi-tour descendante, on pourra passer soit plusieurs tonneaux, soit un 4 ou 8 facettes "sur l'élan", sans même remettre de moteur… Le moteur alimenté en 6S semble catapulter le Conscendo à la demande !

Clairement, pour utiliser le Conscendo 2.0m en vol à voile, la solution 6S n'a pas un réel intérêt, on monte déjà fort bien avec 4S et nous avons vu que de très longs vols sont possibles ainsi. La puissance 6S, c'est pour "envoyer", pour voltiger vite et grand, en clair, c'est pour faire le show ! Cela dit, ça n'empêche en rien dans un même vol de panacher les moments calmes à exploiter les pompes et les moments de grand délire !

Et pour terminer ce chapitre dédié à la puissance "6S", voilà ce que la télémétrie m'a dit :

  • En montée pleins gaz sous un angle entre 45 et 60°, j'ai obtenu un vario entre 15 et 16 m/s en moyenne… Oui, pas de doute, on dépasse les 10 m/s comme je l'avais espéré !
  • Après un passage à vitesse normale de plané (donc pas trop vite), une ressource en mettant plein gaz, en tirant jusqu'à la verticale et en attendant d'être vers 80 m pour que la vitesse soit stabilisée donne… 17 m/s de taux de montée ! Effet "Whaow" garanti !

J'ai bien sûr testé aussi les 6S avec les roues en place. Il décolle encore plus vite, se pose toujours pareil (en allongeant !), et avec le programme "avion", on a presque un multi dans les mains, si ce n'est qu'on passe beaucoup de temps durant les figures… moteur coupé, car il garde bien la vitesse acquise quand le moteur tire.

 

Une vidéo tournée sur la superbe piste en herbe de Péronne,

avec le pack 6S 3000 mAh, les roues et le programme type "Avion".


Le pilotage en détail

Taxiage : Avec les roues en place, on peut sans problème taxier le Conscendo au sol. Sur le dur, c'est archi-facile. On doit tenir la profondeur à cabrer, non pas pour un risque de passer sur le nez car le Conscendo n'a pas de tendance dans ce sens, mais pour plaquer la roulette de queue au sol, ce qui améliore beaucoup la précision, notamment par vent de travers où l'effet de girouette peut vite se faire sentir. Sur l'herbe rase, le motoplaneur se taxie très bien aussi et les carénages de roues ne m'ont pas gêné le moins du monde (voir la vidéo juste au dessus).


Décollage du sol : Donc, toujours avec les roues… On peut utiliser indifféremment le programme avion ou le programme planeur. En mode avion, décollage avec 1 cran de volets. En mode planeur, décollage avec la phase "thermique", pour avoir aussi l'effet "volets baissés". Pour la tenue d'axe, il est bon de tenir la roulette de queue au sol et d'attendre que le modèle décolle de lui-même avant de rendre la main. En effet, et surtout sur piste en dur, si on laisse le Conscendo passer en ligne de vol, la tenue d'axe s'avère plus délicate, entre un éventuel vent de travers et l'effet de girouette associé et un angle d'anticouple un peu faible qui laisse le souffle hélicoïdal s'exprimer, on peut vite faire une sortie de piste… Mon conseil s'il commence à dévier : coupez les gaz et recommencez, plutôt que de tenter de le récupérer. Roulette bien verrouillée au sol par la profondeur à cabrer, ça se passe bien plus facilement. Le planeur décolle dès que la vitesse suffit et comme l'incidence au sol donnée par le train est faible, cette vitesse est déjà nettement supérieure à celle de décrochage. Donc, dès que les roues quittent le sol, il suffit de rendre la main (ne plus tirer la profondeur) et de laisser accélérer une à deux secondes en palier avant d'attaquer la montée. Par contre, également dès que les roues quittent le sol, il est utile de mettre un peu de direction à droite pour contrer le souffle hélicoïdal qui tire à gauche, sensible tant que la vitesse est faible. Au fur et à mesure de l'accélération, on peut relâcher la direction vers le neutre.


Lancé : La tenue en main sous l'aile est bonne. On sent la masse du modèle et donc, sans aller jusqu'à devoir courir, une bonne impulsion sera nécessaire pour donner assez de vitesse au Conscendo lors du lancer, surtout en 4S. Avec le 6S, l'accélération est notablement plus forte. Par vent faible, je lance avec la phase "Thermique", pour avoir la courbure de l'aile qui aide à vite porter. Une fois que la vitesse se stabilise, je repasse sur la phase "Transition" pour la suite de la montée, la traînée est plus faible.


Montée : Pour la mise en altitude, en 4S, on peut monter sous un angle de 30 à 40° sans que le badin s'essouffle. On monte avec les volets en lisse (Thermique en mode planeur, volets rentrés en mode avion). Il faut une vingtaine de secondes pour grimper à 100 mètres, une trentaine pour être aux 150 mètres qui sont souvent la limite sur les terrains déclarés.


Vol en mode planeur "transition" ou en mode avion "volets rentrés" : On est "en lisse" et le mixage des ailerons vers les volets donne une excellente réponse en roulis. Avec les réglages de différentiel et de mixage ailerons vers direction proposés plus haut, le lacet inverse est à peine perceptible. La direction donne un lacet "normal", et un peu de roulis induit. La profondeur est bien amortie, précise, et j'ai pas mal d'expo pour la douceur autour du neutre (vu que je vole avec un centrage assez reculé, sans expo, ça serait chatouilleux). La vitesse de vol "naturelle", moteur coupé, est assez élevée et autorise de voler dans des vents soutenus sans risque de reculer. En air calme, la finesse est bonne, on fait vraiment du chemin en chutant peu. Un filet de gaz (25 à 30 %) suffit à tenir le vol en palier, avec une consommation très faible. Les virages s'enroulent facilement, le mixage "snap-flaps" un peu spécial que j'utilise fait que le planeur est bien soutenu en virage, sans être freiné.


Dans les ascendances : En mode planeur, dès que l'on sent que ça porte, il ne faut pas hésiter à passer sur la phase "thermique" pour courber légèrement le profil et mieux exploiter l'ascendance. La différence se sent bien ! Là encore, les réglages évitent de subir le lacet inverse et on spirale confortablement, à condition de toujours conserver une vitesse suffisante. Inutile d'espérer mieux monter en "tirant" la profondeur, on ne fait que casser la vitesse et augmenter la traînée. Il faut le "laisser voler". Pour rester dans la pompe, mieux vaut incliner plus en gardant de la vitesse que de chercher à ralentir le modèle à faible inclinaison. En cela, ça me rappelle un peu certains planeurs biplaces grandeur "plastiques" un peu chargés… Ils avaient cette même préférence. Pour que le Conscendo monte vraiment, il faudra trouver des thermiques donnant du 1,5 m/s, car même si le taux de chute mini est autour de 0,8 m/s, une fois en spirale à 45° d'inclinaison, il faut plus pour monter effectivement. En pente, il faudra une dynamique modérée mais régulière pour tenir sans s'aider du moteur. Si ça commence à descendre… ne restez pas dans la spirale, remettez à plat quittez la zone au plus vite en repassant en phase transition.


En vol lent "avion" : Avec un cran ou deux de volets, la vitesse peut être notablement réduite, sans toutefois devenir très faible. La charge alaire est là et là aussi, il faut "laisser voler". On peut évoluer dans un volume réduit en dosant bien les gaz. Les virages peuvent être serrés, mais il ne faut pas hésiter à envoyer de la puissance si on sent le badin diminuer rapidement. Par contre, prévoyez un peu de place pour les approches, car le Conscendo aime bien une finale longue et stable, même pleins volets.


Décrochages et vrilles : Courbure en lisse, en petits débattements du mode avion, ou en phase "transition" du mode planeur, le décrochage statique, moteur coupé, se traduit par une très légère abattée, qui se rattrape juste en arrêtant de tirer la profondeur, avec une faible perte de hauteur. En grands débattements (mode avion), l'abattée est plus marquée, avec souvent un départ sur une aile. Rattrapage identique, mais perte de hauteur plus importante. Pour mettre le Conscedo en vrille, on a besoin des grands débattements pour que l'aile soit bien décrochée. Avec profondeur et direction en butée, le départ est un peu lent, mais la vrille s'accélère ensuite et chute assez fort. Les ailerons "pour" l'accélèrent. La sortie est classique en recentrant les manches, mais après plusieurs tours, il faut parfois presque un tour pour qu'elle soit arrêtée, ceci parce que  les ailes ont pas mal d'inertie. Donc, prévoir la sortie avec de l'eau sous la quille.

 

 

Vol rapide et voltige : Le Conscendo ne demande qu'à passer une voltige ample, assez coulée, avec toujours de la vitesse. En mode planeur, on aura le bord de fuite légèrement relevé, ce qui favorise le vol dos qui est propre et stable, même moteur coupé. En mode avion, le bord de fuite reste au neutre, mais on voltige en gardant du moteur et on retrouve le même agrément en vol inversé. Les boucles peuvent se décliner sur une grande plage de vitesse et de diamètres. Au moteur en 4S, elles sont déjà assez grandes, mais elles peuvent devenir immenses en 6S ! Toutes les variantes possibles de tonneaux sont envisageables, avec ou sans moteur. Les arrêts sont assez nets pour les facettes, mais nettement meilleurs si on utilise les gyros. Là aussi, l'inertie des ailes peut se ressentir et les gyros gomment cet effet. Le renversement impose de souffler la direction au moteur pour obtenir le basculement et celui-ci est assez lent. Toutefois, le planeur garde assez facilement ses axes. En 6S, il est impératif de réduire vers mi-gaz, sans quoi, la montée refuse de l'arrêter. Les boucles carrées sont très correctes. Les figures combinées types huit cubain, retournements, rétablissements, sont vraiment faciles. Et dès qu'une figure se termine sur une descente, on a en sortie de la vitesse pour enchaîner une autre figure pratiquement sans moteur… Je n'utilise ainsi quasiment jamais le moteur pour des tonneaux. J'ai découvert avec plaisir que le Conscendo passe très bien l'avalanche ! Elle est plus facile et plus gracieuse en 4S, car la pleine puissance du moteur au moment de lancer le déclenché est juste ce qu'il faut… En 6S, il faut penser à doser pour que ce ne soit pas très brutal et c'est donc moins facile. La voltige typée "avion" avec le pack 6S est un vrai plaisir tant on peut étirer les trajectoires et jouer sans limite dans le plan vertical. Respectez toute de même la cellule en coupant les gaz dans les descentes car le badin grimpe très vite et très fort. Lors de mes essais, j'ai tiré un peu plus de 6G sans que la cellule ne bronche, mais je n'ai pas recherché la "limite" ! Il est assurément possible d'aller plus haut, mais je n'aime pas du tout le pilotage en force.


Approche et atterrissage : En mode planeur, l'approche se fait d'assez loin, sur un plan plus faible que la moyenne, moteur coupé et la sortie des crocos se fait quand on approche de la piste. La compensation marche bien une fois la trajectoire stabilisée, mais il peut falloir pousser un peu au départ, le temps que les crocos se déploient, car le nez tend initialement à se lever. Ensuite, arrivée très classique, et en général, je rentre les crocos juste quand ça va toucher, pour préserver les servos des volets. Attention : compte tenu de l'inertie et de la vitesse de vol, il ne faut pas espérer une descente "en tombant du ciel"… Le Conscendo n'est pas un F5J. En mode avion, l'approche la plus facile se fait pleins volets, sur un plan faible également, et en tenant "l'avion" très légèrement nez haut avec un filet de gaz. C'est ainsi qu'il garde le moins d'énergie à restituer que je le pose avec la meilleure précision. J'essaye de passer le seuil de piste à 10-15 cm du sol, en coupant les gaz 10 mètres avant… Ainsi, j'arrive à poser sur une distance raisonnable. Arriver nez bas, c'est avoir de la vitesse à résorber et de grandes chances surtout par vent faible, d'effacer la piste. Et ça m'est arrivé plusieurs fois au début des essais, avant d'avoir trouvé la bonne méthode. Le Conscendo est avant tout un planeur, et même avec roues et programme avion, il ne peut pas se poser comme un Piper Cub à grosses roues ! L'arrondi est facile et je n'ai pas noté de tendance au rebond marquée (sauf à laisser poser avec un excédent de vitesse). Même sur l'heure, aucune tendance à passer sur le nez.


Autonomie… de folie ! Durant ces essais, ce qui m'a marqué, ce sont les temps de vol impressionnants. Même sur des vols en voltige, en 4S principalement, on arrive toujours à se demander comment il peut encore rester de la batterie. La consommation du moteur est vraiment faible, c'est l'avantage d'avoir un pack avec de la tension ! En 6S et en voltigeant non-stop et de manière énergique, on fera des vols de plus de 10 minutes. En 4S et en vol à voile, nous avons vu que 45 à 50 minutes, même sans ascendance, c'est une formalité… Entre les deux, tout dépend de vous et de ce que vous ferez du manche de gaz !

 

 

Les vols dans toutes les configurations, c'est-à-dire avec les

programmes type "Avion", "Planeur", avec et sans le train

d'atterrissage et avec des batteries 4S et 6S sont à voir en détail

sur ma chaîne YouTube (De préférence sur grand écran

d'ordinateur, en full HD 1080): 

 

Une incroyable polyvalence !

Pour conclure, vous aurez déjà compris que je trouve ce Conscendo 2.0m tout à fait à mon goût, et ce qui ressort de ce test, c'est que l'on a là un modèle ultra-polyvalent. Sans être le meilleur des planeurs au niveau performances, il sait aller traquer la bulle ou voler en pente. Sa vitesse de vol lui permet de voler même si le vent est soutenu. En voltige, en plané comme au moteur, il permet de passer toutes les figures "classiques" (on ne va pas lui demander de faire du 3D...). Et selon l'envie, on peut avoir une motorisation soit très confortable, soit ultra-musclée !

J'ai aussi vraiment apprécié la praticité du montage des ailes et des stabs, sans outils et vraiment efficace. Un modèle facile à transporter, à stocker et qui est monté ou démonté en 2 minutes sur le terrain, c'est appréciable.

L'idée du train d'atterrissage amovible augmente encore la polyvalence et finalement, on peut sans problème voler "planeur" en gardant les roues, les perfos s'en ressentent très peu et on a le plaisir de faire un bel atterrissage en roulant, voire d'enchaîner les touchs and go, entre deux enroulages de pompes. C'est finalement très sympa !

J'ai lu des avis "partagés" sur le modèle sur les réseaux sociaux. C'est peut-être parce que les réglages proposés par la notice sont assez basiques et très sages... Avec les réglages que je propose, on arrive à tirer vraiment énormément du modèle, ça vallait le coup de prendre le temps de tester, de peaufiner les réglages pour chaque type d'utilisation. 

Il faudra aussi ne pas se méprendre : un niveau de pilotage correct est nécessaire pour piloter le Conscendo 2.0m en sécurité, du fait de son inertie, du fait qu'il a une belle propension à allonger à l'atterrissage, et parce qu'en 6S, c'est une bête taillée pour le show qui ne fait vraiment pas semblant !


A suivre...

Je vais mettre cet essai en ligne à ce stade, afin de ne pas faire attendre trop longtemps ceux qui veulent tout savoir sur ce Conscendo 2.0m. Mais il me reste à aller l'essayer en vole de pente, j'ajouterais un chapitre et la vidéo correspondante quand ce sera fait.

 

Bons vols avec le Conscendo, avec E-Flite et avec Guix Model !

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© Jean-Louis Coussot